lettre ouverte au président de la république du Sénégal

Sauver La mer et la pêche

a lancé une pétition à destination de

Le Président de la République du Sénégal
À Son Excellence le Président de la République du Sénégal
À Monsieur le Ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines,
Nous, soussignés, exprimons notre profonde préoccupation face aux projets de forage pétrolier et gazier offshore et notre opposition aux projets en cours et proposés dans les eaux sénégalaises. Ces projets présentent des risques importants pour l’avenir de notre nation, le bien-être de notre population, l’environnement et l’économie. Nous appelons le gouvernement à privilégier la sécurité, la santé et la prospérité des communautés sénégalaises et l’environnement plutôt que les profits des entreprises étrangères.

Ces projets de forage offshore reposent sur de fausses promesses de création d’emplois, de rentabilité et de croissance économique. Or, ils détruiront les économies traditionnelles et augmenteront la dette nationale, tandis que les profits iront aux entreprises étrangères. Pour financer ces projets, le Sénégal a déjà contracté un milliard de dollars de dettes à des taux d’intérêt élevés. Or, le Sénégal ne détient que 10 % des projets, le reste étant détenu par des entreprises étrangères. Le Sénégal pourrait ne jamais générer suffisamment de revenus pour rembourser ces prêts et dégager des bénéfices. On estime que le pétrole et le gaz généreront au maximum 3 % du PIB national, tout en décimant une industrie de la pêche qui contribue déjà à hauteur de 3,2 % du PIB et emploie 600 000 personnes.

Le magnifique littoral sénégalais est vital non seulement pour les moyens de subsistance de notre population, mais aussi pour le maintien de la richesse de nos écosystèmes marins et de la diversité des espèces qui en dépendent. Le projet gazier GTA est construit au sein de l’aire marine protégée de Saint-Louis, qui abrite 443 espèces de poissons et 80 espèces d’oiseaux. Les projets de forage mettent en danger les parcs nationaux du Diawling et du Djoudj, sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO et refuges essentiels pour les oiseaux migrateurs.

Le risque de marée noire est trop élevé. Au Nigéria, plus de 150 000 barils de pétrole ont été déversés depuis 2020, déplaçant des milliers de pêcheurs, des animaux sauvages et polluant des eaux propres. Alors que le Sénégal est déjà aux prises avec les effets du changement climatique, notamment l’élévation du niveau de la mer et l’érosion côtière, de nouveaux investissements dans des projets de forage offshore ne feront qu’aggraver les dommages causés aux communautés.

La santé, la sécurité et les droits humains des citoyens sénégalais doivent être notre priorité absolue. La pollution de nos eaux et de notre air, la destruction de la biodiversité marine et le déplacement des pêcheurs démontrent que l’exploitation pétrolière et gazière offshore n’est pas dans l’intérêt national.

Nous, peuple sénégalais, exigeons du gouvernement qu’il mette fin à ces projets de forage offshore et qu’il investisse dans des solutions énergétiques durables et propres qui protégeront notre environnement, préserveront nos communautés et assureront un avenir prospère à tous les citoyens sénégalais.

Nous appelons le gouvernement à :

  • Annuler l’approbation des futurs projets de forage offshore et suspendre tous les projets en cours.
  • Réviser les contrats de tous les projets de forage, comme promis par le Premier ministre, et évaluer s’ils servent les intérêts nationaux.
  • Rendre publics les contrats de projet et les certificats d’assurance.
  • Prioriser les investissements dans les énergies renouvelables comme le solaire, l’option la moins chère et la plus abondante au Sénégal.
  • Réaliser des études d’impact environnemental et social appropriées, avec la participation des communautés concernées. Suspendre l’avancement de nouveaux projets pétroliers et gaziers offshore au Sénégal jusqu’à ce que des consultations adéquates avec les communautés concernées et des évaluations environnementales et des droits humains complètes soient réalisées, incluant l’identification des impacts et des mesures visant à prévenir, atténuer et réparer les effets négatifs.
  • Veiller à ce que les communautés et les individus ayant subi des pertes économiques et des impacts négatifs des projets offshore soient adéquatement indemnisés pour toutes les pertes passées, présentes et futures.

Nous exhortons le gouvernement à écouter la voix du peuple sénégalais et à prendre des mesures immédiates pour protéger nos terres, nos eaux et nos populations des dangers du forage offshore.

Sincèrement,

Le peuple sénégalais soussigné

————

Vous pouvez en apprendre davantage sur la campagne Sauver la Mer et la Pêche, qui poursuit ses efforts pour lutter contre les menaces socio-économiques et environnementales liées aux forages pétroliers et gaziers offshore au Sénégal. L’objectif principal de la campagne est de stopper ou de retarder les activités de forage offshore tout en favorisant le développement durable du littoral et la protection des pêcheries locales. sauverlameretlapeche.org

Plus de données sur les dangers du forage offshore :

**1. Risques économiques** :

– Dépendance aux combustibles fossiles : Le forage offshore enferme notre économie dans une dépendance aux combustibles fossiles, un secteur de plus en plus instable et volatil. La rentabilité future dépendant des prix des combustibles, très incertains, le Sénégal pourrait ne jamais réaliser de bénéfices. Parallèlement, l’énergie solaire et éolienne sont déjà les sources d’énergie les plus rentables et les moins chères.

– Création d’emplois incertaine : La promesse d’emplois liée au forage offshore pourrait ne pas se concrétiser de manière significative pour les communautés. Les projets de forage offshore menacent déjà le secteur de la pêche sénégalais, qui emploie 600 000 personnes. Le forage crée des zones d’exclusion pour la pêche artisanale, tue les poissons et les écosystèmes marins.

– Dette et souveraineté : Pour financer ces projets, le Sénégal a contracté un milliard de dollars de dettes à des taux d’intérêt élevés. Or, le Sénégal ne détient que 10 % des projets, le reste étant détenu par des sociétés étrangères. Le Sénégal pourrait ne jamais générer suffisamment de bénéfices pour rembourser ces prêts. On estime que le pétrole et le gaz ne généreront au maximum que 3 % du PIB national, tout en décimant une industrie de la pêche qui contribue déjà à hauteur de 3,2 % au PIB.

**2. Risques environnementaux** :

– Déversements de pétrole : Les catastrophes survenues dans d’autres pays ont montré que les déversements de pétrole peuvent dévaster la vie marine, contaminer les côtes et causer des dommages durables aux écosystèmes. Au Nigéria, plus de 150 000 barils de pétrole ont été déversés depuis 2020, déplaçant des milliers de pêcheurs et polluant les eaux propres. Le Sénégal ne peut se permettre une telle catastrophe écologique.

– Perte de biodiversité : La riche biodiversité marine du Sénégal, notamment les espèces de poissons, les tortues marines et les oiseaux migrateurs, est menacée par les forages offshore. Le Parc national du Delta du Saloum, l’une des plus grandes zones humides d’Afrique de l’Ouest et site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, se trouve à seulement 70 km du puits de Sangomar. Les infrastructures du projet GTA sont en cours de construction dans l’aire marine protégée de Saint-Louis, la plus grande aire marine protégée du Sénégal. Les projets offshore sont situés à quelques kilomètres de nombreuses autres zones environnementales, notamment le Parc national du Diawling, le Parc national du Djoudj et le Delta du Fleuve Sénégal.

**3. Santé et droits humains** :

– Risques sanitaires : Les émissions toxiques et les polluants rejetés par les opérations de forage peuvent nuire à la santé des communautés côtières. Le torchage du gaz, déjà en cours à GTA, constitue un risque sanitaire majeur. Des recherches montrent que le torchage du gaz peut provoquer des problèmes respiratoires chez des personnes se trouvant à 100 km de distance. GTA se trouve à seulement 40 km de la zone densément peuplée de Saint-Louis.

– Déplacements et moyens de subsistance : Le développement des infrastructures de forage peut entraîner le déplacement de communautés locales, en particulier celles vivant le long du littoral. De plus, la perturbation des activités de pêche traditionnelles menace les moyens de subsistance d’innombrables familles sénégalaises, déjà contraintes de chercher du travail à l’étranger.

– Transparence et démocratie : Un rapport d’évaluation d’impact environnemental et social a été réalisé pour le projet Sangomar ; Cependant, l’évaluation minimise les risques de déversements d’hydrocarbures et les dangers liés au changement climatique, manque de plans de secours en cas de catastrophe, ne fournit pas de plan de gestion sûre des déchets et ne respecte pas les normes internationales de prévention des catastrophes. De plus, les contrats de projet et les certificats d’assurance n’ont pas été fournis, ce qui maintient les Sénégalais dans l’ignorance des projets qui affecteront nos vies.

En février 2025, une enquête a révélé que BP avait dissimulé une fuite de gaz critique à GTA pendant plus d’une semaine. Cette situation est inacceptable et extrêmement dangereuse pour les zones environnantes. Le gouvernement sénégalais doit demander des comptes aux entreprises et protéger la sécurité de nos communautés.

sauverlameretlapeche.org

Tags:

Leave a comment